« NENE CHERIE VINTAGE INSPIRED HATS & CLOTHING » : DE FIL EN AIGUILLE…

Je vous livre aujourd’hui l’interview de la pétillante créatrice Néné Chérie, une pin-up très « épinglée », qui de fil en aiguille nous emmène à travers son univers rétro et ses passions !! Une histoire finalement cousue de fil blanc, car la talentueuse Néné s’est adonnée à la confection d’accessoires cheveux, avant de se lancer dans la couture à des fins professionnelles… Visitez son site, vous y découvrirez une kyrielle d’accessoires de tête : bibis, bandeaux, fleurs… et une collections de vêtements stylés 40’s/50’s, féminins et glamour. Autant vous dire que je suis une de ses ferventes admiratrices et adeptes de son travail soigné, autant par l’originalité des coupes, que des finitions.

Retrouvez les créations de Néné Chérie ici :
www.nenecherie.com et https://www.facebook.com/nenecherieworkshop?fref=ts

-Néné peux tu nous dire comment t’es venue la passion de la couture et depuis quand tu t’y es mise ?

J’ai toujours aimé coudre, depuis toute petite. Aussi loin que remontent mes souvenirs, à 4 ou 5 ans je découpais mes draps en cachette pour improviser des robes à mes Barbie. Jusqu’aux balbutiements de mon entreprise, je cousais simplement pour le plaisir. Affairée à d’autres tâches, l’idée de faire une confection relevait du passe-temps. Nous sommes couturières dans la famille depuis plusieurs générations. Ma grand-mère me confectionnait des « robes qui tournent », elle a possédé une mercerie ; quant à ma mère, elle cousait énormément et travaillait pour une célèbre marque de vêtements pour enfants durant sa jeunesse, entre autres. Ce sont elles qui m’ont donné le goût pour la couture et m’ont appris les « bases ». J’ai toujours eu une machine à coudre depuis mon adolescence quelque part dans ma chambre. Je n’ai pas eu la chance de faire des études de stylisme ou de modélisme, mais mon savoir-faire je le dois aux femmes de ma vie et à des heures d’études et d’essais en autodidacte. Désormais, je consacre tout mon temps (ou presque) à la couture.

– Tu as commencé par les accessoires cheveux rétro, pourquoi avoir choisi d’aller un peu plus loin avec les vêtements, était-ce une demande de tes clientes ?

En effet, je me suis mise à confectionner des accessoires de tête au début. Cela remonte à l’année 2006 lorsque je vivais à Paris où j’ai fait un premier stage de chapellerie à Paris. Trop prise par mon travail de l’époque (qui n’avait rien à voir), je confectionnais quelques petites choses en catimini, pour mon plaisir. En 2011 j’ai eu l’idée de customiser des têtes à chapeaux, puis des chapeaux. L’idée c’était de peindre sur des têtes fabriquées en usine et de les embellir ; il a fallu ensuite les chapeauter… J’ai effectué quelques stages, dont le dernier avec Lucie Grégoire, une modiste canadienne. L’idée était de partir sur des chutes de tissus pour confectionner un volume qui tient la route. Rien que çà… J’ai appris différentes techniques et à travailler différentes matières comme le sisal, le feutre, la paille, etc. Puis un jour je me suis dit, pourquoi pas des vêtements, en plus des bibis ou des chapeaux. Je rêvais de jolies robes, et de les créer comme je les imaginais ; j’avais surtout en tête de contourner l’idée d’acheter des choses que « tout le monde » porte déjà. Le facteur financier y est pour beaucoup aussi. Poussée par des amies qui ont cru en moi, je me suis lancée. Et aujourd’hui je les remercie énormément, car je suis épanouie dans mon travail.

– Pourquoi avoir choisi d’habiller les femmes à la mode 40-50’s ?

L’élégance… Je puise mon inspiration dans la mode des années 30 à 60. Des décennies de mode très différentes, mais à travers lesquelles je trouve beaucoup d’éléments déclencheurs pour mes créations. Je travaille surtout à partir de patrons d’époque, ceux-ci m’aident à réaliser mes propres patrons. Outre le fait que les silhouettes de l’époque étaient très différentes – il faut toujours adapter alors un patron aux standards d’aujourd’hui – je ne fais pas que reprendre quelques éléments pour les coordonner à des coupes modernes. Toutes mes confections sont des reproductions réadaptées, sachant que le tissu moderne a bien des avantages ! Que ce soit les coupes de l’époque (drapés et sequins belle époque, manches kimono ou tailleurs années 40, jupe « full circle » années 50, large col années 60), l’importance qu’on accordait aux vêtements, et la manière dont c’était porté… Tout me plaît dans ces années-là !

– Quelles sont tes sources d’inspiration alors ?

J’ai passé et je passe encore des heures sur internet, dans les livres, des magazines d’époque ou les films, pour puiser mon inspiration. La musique est très importante pour moi. Il ne se passe pas une journée de couture sans que j’allume mon tourne-disque pour écouter du bon son. Des chants hawaiiens jusqu’au rock’n’roll ou rockabilly, çà, c’est le pied. L’idée d’une confection peut venir aussi d’une simple photo. Çà m’est arrivé récemment sur un groupe de revente de vêtements anciens. Ayant loupé une vente d’une fabuleuse robe dont le bustier était typique des années 50 (un empiècement en biais sur le devant, purement de style « atomic »), j’ai décidé de réaliser mon propre patron. Il n’est pour le moment qu’un bustier encore, mais il sera décliné sur une robe prochainement. Je pourrais également citer de nombreuses célébrités comme Marilyn Monroe, Ava Gardner, Rita Hayworth, Elisabeth Taylor et tant d’autres, qui font partie de mes inspirations premières… Ces femmes à la beauté fatale pourtant, portaient de fabuleuses tenues aussi bien que quiconque à l’époque et savaient jouer de leurs propres charmes. La taille fine, les hanches et la poitrine généreuse étaient savamment mises en avant dans la mode de l’époque, et ces personnalités nous ont laissé des traces indélébiles des capacités des stylistes d’antan qui, somme toute, ont inspiré et inspirent toujours la mode d’aujourd’hui, et aujourd’hui plus que jamais.

– Tu crées aussi des patrons à la demande de tes clientes ?

Cela m’arrive mais ce n’est pas aussi souvent le cas que je le souhaiterais. Beaucoup de mes clientes me commandent des confections de modèles que je réalise. D’autres, des modèles d’après des photos d’époque. Il est vrai que je rêve de confectionner des costumes de scène par exemple, ou des robes de mariées ou de soirée. Le sur-mesure pour beaucoup, demeure un luxe, et pourtant… Mon idée de départ est de proposer des tenues simples, pratiques et accessibles.

– Concernant le choix des tissus, tu achètes des coupons d’époque ou des rééditions peut-être ?

Je possède très peu de tissus d’époque. Ils coûtent très chers, et lorsque j’en possède, c’est parce qu’une cliente me le demande. Pour certains, je les conserve jalousement, car ce sont des tissus rares et que j’achète aux Etats-Unis. La majorité de mes tissus sont des tissus modernes – Je travaille beaucoup le coton, le coton stretch, le satin, le taffetas… – voire des rééditions de tissus des années 40 ou de style « atomic » des années 50 que j’affectionne particulièrement. Enfin, j’accorde une grande importance au recyclage. C’est dommage, peu de gens y pensent, mais customiser un vêtement ancien ou qu’on ne porte plus, ou en obtenir les restes de tissu pour faire tout autre chose, c’est aussi une manière de réinventer la mode.

– Pour toi que représente la mode actuelle, qu’en penses-tu ?

Vaste sujet que voilà. Il y a boire et à manger, je pense que çà se valait aussi dans les années 40, et pour tout le reste depuis que l’homme a décidé de s’habiller (quelle bonne idée que voilà). Ce n’est pas tant la mode que je déplore, mais LES modes. Çà part dans tous les sens, on ne suit plus… La quête d’identité face aux multitudes d’influences qui imprègnent la mode d’aujourd’hui est une mission impossible. J’en parle en connaissance de cause, pour avoir porté du all-in-black jusqu’aux robes fleuries… J’ai toujours eu en horreur le lèche-vitrine, et je n’ai pour ainsi dire jamais suivi la mode actuelle. J’ai traversé la (terrible) décennie 90’s dans ma jeunesse et déjà à l’époque j’avais du mal à m’habiller « à la mode ». Sauf exceptions, je ne suis pas capable de commander des vêtements « modernes » sur internet. Il m’arrive quelques fois de trouver une pièce un peu rétro dans un grand magasin (quand j’y mets les pieds), mais je suis de loin la compagnie idéale pour le shopping. Les grandes chaînes (que s’arrachent hélas la majorité des femmes d’aujourd’hui) me donnent le tournis. L’industrie du textile me dépasse totalement : tous ces modèles par tonnes vendues dans des rayons aux lumières survitaminées et aveuglantes, trop peu pour moi. Les coupes sont rarement surprenantes, les tissus de piètre qualité, quant aux coupes, n’en parlons pas… Surconsommation, rapport qualité-prix, médias insistants, je ne suis décidément pas à l’aise avec tout çà…

– Parle-moi de tes clients… Qui sont t’ils, plutôt issus du milieu rétro ? Et y-a-t il des clientes qui s’habillent à la mode actuelle, mais qui t’achètent quelques pièces juste par goût, ou par fun, ou bien pour ajouter une touche vintage à leur look ?

Les deux ! Mes premiers clients étaient mes amis ou des gens de mon entourage, issus parfois du « milieu » rétro. Aujourd’hui pour la majorité, ce sont des personnes qui ont l’habitude de porter des tailles hautes, des coupes cintrées, des tissus fleuris ou hawaiiens ; et qui savent parfaitement ce qu’elles veulent.

– Je présume que tu prépares d’ores et déjà ta nouvelle collection Printemps-Eté 2014, quels en seront les thèmes ?

En effet, la nouvelle collection est en cours. J’ai pris beaucoup de retard, mais elle sera révélée à temps ce printemps, notamment au 2e marché vintage de Solliès-Pont durant lequel je tiendrai un stand et  quelques demoiselles pourront porter des tenues pour le défilé prévu le matin. Cet été sera exotique et marin. Il y aura beaucoup d’imprimés de style hawaiien déclinés sur robes, combi-shorts, bustiers et jupes, des robes sarong aussi, des ensembles de style marin, des pantalons fluides taille haute… A découvrir prochainement !

– Quels sont tes projets d’avenir ?

J’ai beaucoup de projet en tête, le premier étant de m’installer dans un atelier dont le décor rappellera les années 40 et 50, en partenariat avec mon compagnon qui est tatoueur… Ce binôme « old school » porte déjà le nom de « l’Atelier de l’Aiguille ».
Je rêve de travailler aussi pour la scène, de chapeauter ou d’habiller des artistes du monde burlesque afin de toucher à d’autres matières et de laisser libre court à mon imagination…

– Aurais-tu quelque chose d’autre à nous dire peut-être Néné ?

Tout simplement merci de m’avoir consacré de ton temps précieux, de même je remercie mes amies qui m’ont portée jusqu’ici, car sans elles je n’aurais pas franchi le cap et je les aime énormément…

Un grand merci à Néné Chérie pour cette interview de charme, au fil de la mode des élégantes des 40’s-50’s !

Néné Chérie;

Néné Chérie

Néné Chérie.